Vous avez dit « démence » ?

Vous avez dit « démence » ?

« Votre mère est démente ». Je me souviens de ces mots, prononcés sans préambule par le médecin de garde alors que je piétinais à l’entrée des urgences… Ils m’ont fait l’effet d’un électrochoc, à l’instar de ceux pratiqués jadis sur les malades mentaux.

Certes, je connaissais déjà la maladie dont souffrait Maman, mais le mot « démence » revêt une connotation si négative : dégradante, discriminatoire… Elle évoque la folie, l’aliénation, des termes considérés synonymes jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, et qui aujourd’hui encore offrent la première définition du mot démence dans le dictionnaire.

Pourtant, pour les spécialistes, la démence désigne les syndromes d’une série de maladies neurodégénératives, apparentées ou non à Alzheimer. Bien que cette démence, aussi appelée « démence sénile », touche principalement les personnes âgées, elle n’est pas une composante « normale » du vieillissement, de celles qui occasionnent certaines défaillances cérébrales. L’impact est tout autre puisque Alzheimer, à terme, se traduit par la perte des facultés cognitives du malade.

Alors qu’importe, dans le fond, si la terminologie blesse, stigmatise, le diagnostic est plus douloureux encore car l’issue ne tolère aucun débat.