La maladie du siècle

La maladie du siècle

Les Français l’appellent « la maladie du siècle », les Américains, « a long goodbye » (de longs adieux). Les plus touchés demeurent les plus de 65 ans si bien qu’avec l’avancée en âge de la population, cette maladie neurodégénérative s’inscrit non seulement dans le temps et la durée, mais aussi dans la réalité d’innombrables personnes : 40 millions de malades d’Alzheimer dans le monde aujourd’hui, 150 millions d’ici 2050. Un véritable « tsunami »*.

Pour moi, cette maladie s’apparente à un venin qui se propage dans les méandres du cerveau, à cette différence près que les lésions ne sont pas immédiatement visibles et mettent souvent des années à se manifester. Cependant, sa progression est implacable, et à ce jour, incurable, entraînant une perte graduelle d’autonomie.

À ceux qui voient dans cette pathologie un « mythe », un « leurre » ou une construction sociale, le professeur Dubois répond qu’il ne faut pas « considérer la plainte de mémoire banale comme le premier signe d’une maladie d’Alzheimer (erreur par excès) et, à l’inverse, considérer la maladie comme une vue de l’esprit (erreur par défaut) ».  

Que ce soit en connaissance de cause (un proche, malade) ou en connaissance de cause, Alzheimer fait peur. Elle cristallise nos craintes les plus intimes parce qu’elle touche à ce qui nous façonne — notre cerveau, notre esprit, laissant présager une longue descente aux enfers, pour les malades et ceux qui les aiment.

*Alzheimer : la vérité sur la maladie du siècle (B. Dubois, 2019)