Deuil blanc

Deuil blanc

Le « deuil blanc »… J’ai entendu cette expression récemment, à l’occasion d’une conférence aidante de Sweet Papi Podcast à laquelle je participais. La société Alzheimer du Canada le définit comme ce « type de deuil que l’on ressent lorsqu’une personne atteinte d’un trouble cognitif n’a plus la même présence mentale ou affective que par le passé, bien qu’elle soit toujours présente sur le plan physique ». 

Ce sentiment ambigu, cette détresse, nourrie de chagrin et de culpabilité, est ressentie par les proches de personnes atteintes d’une maladie cognitive telle, ou apparentée à Alzheimer : on ne peut plus se projeter ensemble en avant, ni même regarder ensemble en arrière ; l’avenir n’existe plus et le passé non plus. Comment composer avec ses propres émotions – ce sentiment de perte, irrémédiable, successif, continu, et ne pas sombrer soi-même ?

J’ai erré de longs mois dans cette claire-voie affective de déni et de désespoir. À défaut d’acceptation, j’ai trouvé la résilience dans l’écriture. Aujourd’hui je peux enfin mettre un mot sur la kyrielle d’émotions qui m’habitent. Je suis en deuil, en deuil blanc.