Les temps des fêtes… au pays de l’oubli

Les temps des fêtes… au pays de l’oubli

J’ai commencé à écrire mon livre il y a un an, juste après Noël. Les fêtes, contrariées par la chute de Maman et ses suites, constituaient mon entrée en matière. Un an s’est écoulé depuis qui me paraît être une éternité au vu des changements qui se sont opérés. Pour la première fois, les festivités de fin d’année se sont déroulées sans y associer Maman, et j’ai ressenti un grand vide. Elle savait rendre les fêtes de Noël si belles, car c’est toujours beaucoup d’amour que nous trouvions sous le sapin, emballé avec soin.

Il est vrai, qu’au fil des années, et de la maladie, il y eu des ratés, des oublis, puis une certaine distanciation. L’an passé déjà, le concept même des fêtes était devenu abstrait. Abscons. Et pourtant, le temps d’une soirée, nous avions passé un réveillon joyeux, mangeant, buvant, riant… Les mots dans sa bouche ne voulaient plus rien dire mais le coeur y était, et l’esprit de Noël aussi !

Cette année, c’est à l’EHPAD que Maman a passé Noël. L’en faire sortir aurait été difficile et déstabilisant. J’ai donc décoré sa chambre, apporté des chocolats et passé du temps avec elle, sa main dans la mienne. Elle ne s’est pas émerveillée devant les lumières qui scintillaient ; elle n’a pas non plus manifesté le moindre intérêt pour son nouveau calendrier de photos de famille. Quant au coffret gourmand, offert par la commune et dont elle était jadis nsi friande, ma soeur et moi nous le sommes partagé, car Maman n’aurait pas profité des mets, alcools et condiments qu’il contenait.

Alors que reste-t-il du temps des fêtes au pays de l’oubli ? Cette magnifique photo de Maman, tout sourire, prise à côté du sapin par les aides-soignantes ? Oui, mais pas que… Aussi cette incommensurable envie de faire plaisir et rassembler toute la famille qu’elle nous a communiquée, à ma sœur et à moi, à défaut de s’en souvenir, et qu’il ne tient donc qu’à nous de perpétuer.